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vendredi 1er mai 2009

OBJECTIF MEXIMIEUX


PAR LE GÉNÉRAL FRANÇOIS LESCEL


 

DG Communication Lyon, 2000

Sur l’immense fresque des cinq années de Seconde Guerre mondiale, la bataille de Meximieux est une toute petite tache, un minuscule épisode parmi les milliers de combats qui opposèrent Alliés et Allemands.

Elle ne manque pourtant pas d’intérêt.

Sur le plan tactique, d’abord. Pendant 48 heures, elle vit s’opposer une division blindée allemande, certes réduite mais expérimentée et combative, à une division d’infanterie américaine fraîchement débarquée sur les côtes de Provence et, dans ce cadre, il est intéressant d’observer les comportements des chefs et des combattants des deux camps. Pour le premier, la défaite prochaine ne faisait plus aucun doute et le reflux inexorable sur le sanctuaire national, de l’autre côté du Rhin, était largement entamé. Quant au second, dans un pays qui n’était pas le sien, dans une petite ville de province française fort éloignée des rives ouest de l’Atlantique, ce fut, après une « promenade » de 350 km sans embûche, son premier combat sérieux en même temps que la découverte d’un peuple ami qui vivait depuis quatre ans dans l’humiliation et les privations.

Sur le plan stratégique ensuite. La contre-attaque de la 11e Panzer Division à Meximieux préparait, pour le long et sanglant hiver 1944 - 1945, le durcissement du front allemand dans les Vosges et en Alsace et l’offensive des Ardennes. car son but était bien de sauver le plus grand nombre de forces de la Wehrmacht qui retraitaient du Midi de la France. Si cette contre-attaque réussissait, elle prolongeait la guerre, et avec elle les souffrances. Nous verrons, en conclusion de cette étude, si elle a atteint le but que lui fixait le Haut Commandement allemand.

Mais il y a aussi un tout autre intérêt à faire revivre ces deux jours. De toute la période de la libération de la France, ce fut certainement le moment où soldats américains et maquisards combattirent aussi longtemps côte à côte, où leur sort fut aussi intimement lié. Dans le camp occidental, mais seulement dans les cercles fort restreints du renseignement et des opérations spéciales, on connaissait l’existence et l’efficacité des combattants français de l’Ombre.

Mais dans les rangs des armées régulières, on avait plutôt tendance à considérer ces « F.F.I. », "les Fifis", comme quantité négligeable, comme une sorte de force supplétive. C’était, au fond, une opinion pas très éloignée de celle de leurs adversaires allemands qui les appelaient les « bandes » mais qui les craignaient pourtant. Et dans le regard qu’ils portaient sur les Maquisards, sommairement armés et bizarrement accoutrés, qu’ils rencontraient sur le chemin de la libération, les soldats alliés débarqués laissaient passer souvent de la condescendance et parfois du mépris. Aux fantassins du 179e RI US, l’épreuve du feu partagée en commun révéla tout autre chose, des guerriers, souvent très jeunes, enthousiastes, courageux, qui savaient mourir pour leur pays.

Cinquante cinq ans plus tard, que reste-t-il du souvenir de la bataille de Meximieux dans la mémoire des Français, y compris dans celle des habitants tout proches de la région lyonnaise ? L’objet de ce livre est aussi de contribuer modestement à ce qu’elle trouve sa juste place dans la longue et douloureuse histoire de la Libération, en particulier dans celle de la région lyonnaise. Beaucoup d’acteurs ou de témoins de ces journées dramatiques sont encore de ce monde. Leurs souvenirs ne devaient pas être perdus pour l’histoire. Ils le pensaient aussi et attendaient l’occasion de les livrer.

Peut-être ce livre répondra-t-il à ce souhait.


Disponible chez l’auteur : e-mail ou dans les librairies locales

Prix + expédition : 26 euros

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