Un officier mexicain (le lieutenant Ramon LAINE, fils d’un Français fixé depuis longtemps à Véra-Cruz) se dirigea dans sa direction en agitant une étoffe blanche et s’adressa à MORZICKI en français pour lui dire qu’ils allaient se faire massacrer inutilement et qu’ils auraient la vie sauve s’ils déposaient les armes. Descendant du toit, le sergent rendit compte de la proposition mexicaine au capitaine DANJOU qui lui dit de répondre qu’ils avaient des cartouches et qu’ils ne se rendraient pas. Cette réponse fut transmise par MORZICKI à l’officier mexicain après être remonté sur le toit.
De nouveaux renforts mexicains constitués de trois bataillons étant arrivés, MORZICKI vit une multitude de soldats ennemis autour de l’hacienda. Le lieutenant mexicain LAINE ayant adressé une deuxième sommation aux légionnaires, il est dit que MORZICKI aurait répondu par le mot de Cambronne, mais cela restera toujours à prouver.
MORZICKI étant descendu de son poste d’observation pour combattre avec ses camarades fut touché mortellement à la tempe par une balle ennemie. Le caporal BERG, l’un des survivants de Camerone, dans la lettre qu’il écrivit à son chef de corps déclara : « ...celui qui a le plus droit à l’admiration de tous, c’est le sergent MORZICKI. » Un tel hommage vaut toutes les décorations.
Lorsque le 3 mai, la colonne du Régiment étranger commandée par le colonel JEANNINGROS arriva à Camerone, les légionnaires creusèrent une grande fosse et y déposèrent les corps de leurs camarades dont celui du sergent MORZICKI . Puis le colonel fit présenter les armes et s’écria : « Honneur aux braves ! Nous saurons les suivre dans la voie qu’ils nous ont tracée ! ».
Depuis Camerone les légionnaires continuent à suivre cette voie qui sera toujours quoiqu’il arrive celle de l’Honneur et de la Fidélité.